Il est sans doute installé chez nous depuis les temps les plus anciens. Le compte-rendu de fouille de 1903 à Champignolles évoque quelques morceaux de fer dans lesquels nous avons cru voir des fragments de fer à cheval et un clou. Les débris de fer sont venus confirmer notre opinion.

Il traverse toute notre histoire, et les mentions anciennes de sa présence sont évidemment innombrables. Il accompagne le travail des champs jusqu’à la première mécanisation (les machines utilisées au début du 20ème siècle sont encore tirées par des chevaux). Il transporte, aussi bien le fumier vers les champs que le lait vers Paris.

Champignolles

Droittecourt

Mais il n’est pas le compagnon du seul paysan. À la fin du 19ème siècle, les contributions directes (au Coudray) ont encore un « receveur à cheval » (M. Delabarre) et au début du 20ème le postier de Flavacourt vient chaque jour à Sérifontaine avec son cheval nommé semble-t-il « la Poste ».

Il traverse notre paysage, en temps de guerre avec les soldats, en temps de paix avec les chasse-marées ou les diligences de postes.

Sur la 915

Les premières automobiles roulent à Gisors vers 1890 mais n’apparaissent pas chez nous avant 1910. Jusqu’au début du 20ème siècle le cheval loge donc au centre même du bourg, dans les écuries du vieux château, comme dans celles du relais situé sur l’actuel parking sur la 915.

Il n’est pas bien difficile en se promenant dans nos rues ou en glissant l’œil derrière les portes de trouver des traces de ses logements. Le cheval fait vivre bien des artisans. En 1898 il y a à Sérifontaine deux bourreliers (Faburel et Roger) et trois maréchaux (Darragon, Maillard et Nossac).

Réquisitionné en temps de guerre, le cheval est donc régulièrement recensé. En 1904 on a retenu sur la commune 19 chevaux bons pour le service.

S’il prend sa part à la guerre, le cheval prend sa part aux fêtes. En 1928 la kermesse est précédée d’une cavalcade avec des chevaux aussi décorés que les chars fleuris qu’ils tiraient.

La seconde mécanisation rend inutile le cheval mais ne le fait heureusement pas disparaître, grâce à l’activité de haras ou de clubs divers. Champignolles fut un haras durant quelques années (au début des années 30). Au Champ-Mauger la ferme d’Alexandre Barbier, mort en déportation en 1945, fut ensuite exploitée pendant deux générations par les Deneubourg avant d’être aujourd’hui une résidence de loisir où le propriétaire a installé un haras. Au Bourguerelle, la ferme Codevelle qui fut ensuite la ferme Dupressoir a connu ensuite d’autres destins liés à la passion du cheval

Rudo de la Folie

Enfin, à cheval sur Sérifontaine et Flavacourt, est né en 1983 un grand champion : Rudo de la Folie, un étalon bai toisant 1,59 m qui a remporté 8 victoires dont 4 à Vincennes et une à Enghien. Son nom glorieux a été perpétué depuis.

la poissonièreL’âne a suivi le même chemin

Il trainait jadis des petites carrioles, comme ici celle de la mère Bonnet Noir qui venait de Bouchevilliers vendre son poisson.

Il s’adapte lui aussi aux temps nouveaux et devient un animal de compagnie. La Générale Pallu, dans les années 1960, nourrissait Cadichon dans le parc du château.

cadichon

Plusieurs Sérifontainois, dont l’auteur de ce blog, possèdent aujourd’hui un petit âne.

mon ânesse