Sérifontaine se retrouva donc inscrite dans le canton du Coudray, dont l'érudit Louis Graves, Secrétaire Général de la Préfecture jugeait en 1841 qu'il était absurde, et qui l'est resté jusqu'à ce jour. Rappelons donc ses mots : Aucune considération naturelle, aucune considération d'utilité administrative n'explique la circonscription donnée au canton du Coudray ; mais surtout signalons que l'on peut sans trop de difficulté se procurer la rééditon de son ouvrage, inispensable lecture, encore aujourd'hui, pour qui veut bien connaître notre petit pays.

Louis Graves, le canton du Coudray

La réforme de l'an VIII marqua le début de notre ancrage administratif vers le Nord. De là vient aussi le tracé de la Communauté de Communes dite (abusivement) du "Pays de Bray Oise". J'ai montré, dans le billet n°10 (Sacrée Géographie) que l’Église nous avait gardé une inscription vers le Sud et vers Trie et Chaumont qui a tout prendre correspond bien mieux à notre "bassin de vie".

La nouvelle réforme lancée en avril 2013 fait disparaître les anciens cantons, soit en les regrouant, soit en les tronçonnant, ce qui est le cas du canton du Coudray et de quelques autres.

les nouveaux cantons

Le principal sujet des abondants commentaires publiés dans la presse concerne les arrières-pensées politiques d'un possible charcutage. Les géographes de l'heure, à savoir le Conseil Général, ne manquent pas de s'en défendre, expliquant qu'il s'agit de donner à chaque nouveau canton un poids démographique équitable. Vieille histoire où l'on fait mine de compter les hommes comme des pommes de terre. Vu que les circonscriptions électorales n'ont guère d'importance administrative, on pourrait classer les électeurs par ordre alphabétique et diviser cela en paquets rigoureusement égaux.

On trouvera moins de commentaires sur la cohérence (ou l'incohérence) profonde des tracés. Regardons la carte de plus près, au niveau de Sérifontaine et de la Communauté de Communes à laquelle l'ancien préfet Nicolas Desforges, médiocre géographe, l'a rattachée comme une province conquise.

notre nouveau canton

Qu'en disent les élus? Certes le Canton du Coudray explose en vol, selon la métaphore de Madame Nadège Lefebvre (qui ne dit pas à quelle altitude s'est passé le drame). Mais la Com-Com du Pays de Bray qu'elle préside est aussi bel et bien passée au hachoir. Le principal intéressé, le conseiller général du défunt canton, dit attendre sereinement le débat, tout en assurant sans grande conviction apparemment que le découpage n'est pas forcément en faveur de qui tient le ciseau. Quant au Maire de Sérifontaine, il déclare nous aurions pu être consultés - on ne peut qu'approuver - mais sans dire à l'Oise Hebdo quel voeu il aurait alors exprimé...

Ainsi Sérifontaine se retrouve (une nouvelle fois dans son histoire) non pas dans un ensemble cohérent et structuré, mais placée administrativement dans une Com-Com morcelée et politiquement à la marge d'une circonscription au tracé difforme s'étendant jusqu'à Warluis, à l'est de Beauvais. On souhaite bonne chance à la candidate et au candidat de 2015 sur les petites routes sinueuses de leur tortueuse circonscription !

Il reste que Sérifontaine n' a aucune autre attache possible que Gisors. L'Epte, la route, le chemin de fer, les collèges, les distributeurs de billets, les maisons de retraite, les hypers, tout mène à Gisors !

Election après élection, quand je compare les scores, le vote de Sérifontaine se compare plus aisément à celui de Gisors qu'à aucun autre vote voisin. Et puisque l'on parle politique (mine de rien) comment ne pas sourire en remarquant que la famille Grousset est attestée à Gisors depuis au moins 4 siècles ? Et comment ne pas en profiter pour regretter publiquement qu'une certaine léthargie de notre Commune pousse un jeune Sérifontainois capable d'en incarner l'avenir à s'investir plutôt sur Gisors?

MM Larmanou et Auger

On sait que Marcel Larmanou s'est déclaré partisan d'une Com-Com à cheval sur l'Eure et l'Oise, et il semble que telle soit toujours sa conviction. Le nouveau Préfet de l'Oise, Monsieur Emmanuel Berthier, ayant été jadis préfet de la Sarthe, a pu connaître la Com-Com de Sablé-sur-Sarthe, qui est à cheval sur la Sarthe et la Mayenne. Si cela était possible chez Monsieur Fillon, cela ne doit pas être révolutionnaire ni extravagant ! L'exemple du canton prouve que les lignes peuvent toujours bouger...