De quoi s'agit-il dans cet acte, qui est daté de presque un an plus tard (le 3 décembre de l'année 1353)? C'est une lettre du maître fauconnier du roi faisant savoir au vicomte de Neufchâtel qu'il a reçu un faucon pris en la Haye de Bray la veille de la Toussaint par Jean Philippe, de Pressagny-le-Val, et lui demandeant d'en payer le prix à l'oiseleur, suivant les letttres du roi Jean données à Sérifontaine le 8 janvier 1353. Même si le document n'est pas très lisible, on distingue effectivement, à la 8ème ligne, les mots "ap(u)d Serifonte(m)" avec un tilde sur le e final en place du m.

le document 53

(BNF, n.acq. latines, 2356, acte 53)

Cette référence à un ordre antérieur du roi doit faire référence à quelque décision de principe du roi en la matière.

Que pouvait bien faire Jean II à Sérifontaine ? Il était manifestement invité par Jean de Melun, comte de Tancarville, chambellan de Normandie et l'un de ses plus influents conseillers, pour chasser en forêt de Lyons. Le manoir du Plessis où dort alors le roi, comme d'ailleurs celui de Mainneville, appartenait en effet à cette époque à cette famille. Et l'on voit mal une autre raison que la chasse pour expliquer un séjour dans la région qui, d'après diverses archives, dura trois semaines. La passion des rois pour la chasse les emmènera souvent dans notre région (Louis XV encore, viendra chasser en forêt de Gisors), sinon à Sérifontaine même qui n'est pas à proprement parler territoire de chasse.

L'autre enseignement de ce document c'est de rappeler que ce sont des grands officiers de la couronne qui, au XIVème et XVème siècles, étaient détenteurs de la quasi totalité des fiefs de la région, entre l'Epte et la forêt de Lyons. Enguerrand de Marigny reste le plus célèbre d'entre eux (il possèdait le fief de Thierceville limitrophe à notre paroisse) ; mais il fut loin d'être le seul.

Dans ces années-là le seigneur de Sérifontaine s'appelait « Lohier » de Trie, second de nos seigneurs issus de cette famille. Il est le père de Mathieu de Trie, autre grand officier de la Couronne, qui aura quant à lui l'honneur de recevoir en 1390 le petit-fils de Jean II, le roi bientôt fou Charles VI.

Français ou normand, le Vexin est avant tout royal.