Dans la vie pratique et concrète, cette paroisse du Vexin-Nord collabore avec celle de Chaumont en Vexin et celle du Vexin-Sud. Voici la carte de l’ensemble qui forme le « secteur missionnaire » du Vexin.

l'Unité paroissiale du Vexin

Le principe napoléonien est respecté : la paroisse ne franchit pas la limite du département. Par contre le découpage fait fi du tracé absurde et arbitraire du canton du Coudray mais tient compte de celui bien réel de la boutonnière de Bray : aussi le Coudray appartient-il à la paroisse du Pays de Bray, dans le « secteur missionnaire de l’Oise Normande », avec la Picardie verte et le Haut-Beauvaisis.

On le voit, les mots, les noms donnés, sont les mêmes, avec une différence essentielle, qui est que l’Eglise leur conserve, avec les ajustements nécessaires, leur vérité historique, quand l’Administration et les élus locaux s’en servent avec une désinvolte ignorance. Pour l’Eglise donc, comme historiquement, Sérifontaine n’est pas dans le Bray. Le premier acte historique mentionnant Sérifontaine est une donation royale datant de 918 et qui précise expressément que Sérifontaine est située « dans le Vexin ». Qu’est-ce à dire ?

Le Vexin tire son nom des Véliocasses, peuple qui dans les récits de Jules César vit coincé entre les Ebroïciens d'Evreux et les Bellovaques dont la capitale est à Beauvais et dont ils sont alliés ou clients. Cela a-t-il donc tant changé ? À la Renaissance, on trouve encore l'orthographe Velquesin qui évoque ces Véliocasses... Dès les temps carolingiens un « Comté de Vexin » est attesté. En 1032 le roi de France met la main sur sa partie orientale, autour de Pontoise, mais Sérifontaine est alors dépendante de … Gisors ! En 1074 c’est tout le Vexin qui appartient directement au roi.

Revenons à la carte. Au-delà du respect de l’identité des petits pays, cette organisation de l’Eglise en est-elle plus cohérente que celle de nos collectivités territoriales ? Sans doute faudrait-il le demander au curé et à son évêque, ils en sont les meilleurs juges. Mais on voit tout de suite que le territoire ecclésiastique a une réalité profonde. Bien sûr Gisors reste une enclave, du moins l’ensemble est-il centré sur ce pôle. Du coup on retrouve ici la vieille frontière capétienne du 12ème siècle, avec les places fortifiées de Chambors, Lattainville, Trie, Courcelles-les-Gisors et Boury. Oui, Boury, dont nos premiers châtelains et seigneurs portaient le nom, depuis Gaubert (vers 1097) jusque vers 1270, lorsque Thibaud de Trie, en épousant Jeanne, fille du dernier des Boury, mit la main sur notre seigneurie que ses héritiers détinrent plus de deux siècles.

Sur le vitrail central de notre église, au dessus du maître autel, ce sont bien les armoiries de la maison de Trie, d’or à la bande d’azur, que l’on retrouve. Sur Internet, on les retrouve parfois comme "armoiries de Sérifontaine"!

le vitrail de Sérifontaine

Par cette famille de Trie, c'est à Paris et au roi que Sérifontaine était reliée. Le plus grand seigneur de Sérifontaine, Renaud II, (vers 1393) était amiral de France, grand-maître des arbalétriers et chambellan du roi. Son père avait eu l’honneur unique de recevoir dans son château de Sérifontaine le roi de France en personne. Le Vexin, déjà, était moins tourné vers la Picardie ou la Normandie que vers le coeur de la France.

C'est à Chaumont-en-Vexin que finit pour Sérifontaine l’Ancien Régime : l’assemblée préliminaire aux Etats-Généraux s’y réunit en mars 1789, et le premier Sérifontainois élu par la population y représenta sa « paroisse ». Dans la première organisation de la France nouvelle, Sérifontaine appartient au canton de Flavacourt, district de Chaumont. La disparition de ces deux entités, sous le Consulat, est responsable de l'inscription de Sérifontaine aux marges du Bray où l'on veut aujourd'hui l'arrimer.