Que peut bien être cette route des paysages, passant justement par ici pour aller vers un point de vue inconnu ( le canal et ses ordures? l'Eglise toujours fermée même en cette journée du Patrimoine?) et pourquoi ladite route commence-t-elle à Crillon, village charmant auquel aucun point de notre histoire ne nous unit? Pas un mot, les explications viendront bientôt, sur papier glacé. On prépare la population, jamais consultée, à son entrée dans la Communauté de Communes du Pays de Bray-Oise. Parce que l'Etat l'a décidé, et que la Municipalité ne sait qu'en différer l'inéluctable échéance en semblant faire monter d'inexistantes enchères.

Si le "plan com" commence, masquant le déficit démocratique de l'opération, c'est que la chose approche. A grand renfort de panneaux et de brochures, on va nous apprendre que nous étions brayons, même si, peu instruits que nous sommes, nous ne le savions point.

Ce qui est amusant c'est l'obstination de l'Administration. Aucune considération naturelle, aucune considération d'utilité administrative n'explique la circonscription donnée au canton du Coudray. On a méconnu, pour l'établir, les exigences toujours si importantes de la topographie, et les intérêts que, depuis des siècles, elle avait distingués et séparés Qui écrivait cela en 1841? Louis Graves, le Secrétaire Général de la Préfecture. Ses successeurs l'ont-ils seulement lu ? Parce que l'on s'est trompé sous le Consulat en rattachant Sérifontaine au Coudray, faut-il élargir l'erreur deux siècles plus tard, ou serait-il temps de la corriger?

Car Sérifontaine, inscrite ainsi - au détour d'une rue - à la porte du Bray aurait bien une attache naturelle, et tout le monde la connaît : c'est Gisors où chacun se rend régulièrement, et bien plus aisément qu'à la Chapelle-aux-Pots.

Gisors est dans un autre département? Soit. N'est-ce pas à Gisors que vont, automatiquement, les collégiens de Sérifontaine? Et quand les maisons brûlent, les pompiers ne viennent-ils pas de Gisors? Quand cela arrange l'Administration, la frontière de l'Epte n'est pas infranchissable.

Or une communauté de commune peut fort bien exister sur deux départements : et point n'est besoin pour le vérifier de courir jusqu'aux enclaves bigourdanes en Béarn, ou de citer la communauté de communes de Barcelonne-du-Gers qui est bien installée sur deux départements (et deux régions, comme chez nous) : beaucoup plus près de chez nous la Communauté de Communes du Pays Houdanais enjambe aussi depuis 2004 les frontières sur les confins de l'Eure-et-Loir et des Yvelines. La Communauté Gisors-Epte-Lévrière est à tous égards (par son histoire, son passé industriel, sa sociologie, les axes de communication) plus proche de Sérifontaine. Que les deux municipalités, partageant en principe les mêmes valeurs depuis des décennies, n'aient pu faire avancer la chose est incompréhensible.

PS du 14 octobre 2012.

J'attache l'article paru mercredi 10 dans l'Oise Hebdo, que je remercie de donner une chance, même mince, à un débat qui méritait au moins d'être exposé!

La CCPBO au Conseil Municipal oct 2012

PS du 27 octobre

J'attache l'article paru mercredi 24 dans l'Oise Hebdo, que je remercie de nouveau! Le débat finira bien par exister, fût-ce après la décision, et à tout prendre, mieux vaut trop tard que jamais! Je trouve normal que ceux qui aspirent à exercer des fonctions publiques fassent connaître, comme le fait Anthony Auger, leurs options et leurs raisons. Son analyse en terme de "bassin de vie" recoupe assez largement mon opinion. Tous les "Schémas de Cohérence Territoriaux" du monde ne remplaceront pas la route 915!

l'Oise Hedo du 24 octobre 2012