Précieuse aux miraculés de la grande guerre, la statue eut sa chapelle dans l’église dont elle sortait en grand apparât, somptueusement vêtue. La première procession eut lieu en juillet 1919 ; les façades étaient ornées de guirlandes de fleurs, des reposoirs étaient disposés pour que les jeunes filles tout de blanc vêtues qui portaient la Vierge puissent y faire halte. La foule chantait un hymne composé à cet effet : Ave Maria, Vierge Souveraine, Ce chant est à toi, C’est l’acte de foi, De Sérifontaine ;Ave Maria.

La ferveur dura une demi-douzaine d’années. L’Abbé, dans une petite chronique manuscrite conservée au presbytère de Trie-Château, relate les processions de 1920 et1921, année pour laquelle il lui semble que plus de 4000 personnes y assistèrent. Il note que pendant cette procession le monument aux morts pour la patrie placé devant la mairie fut solennellement béni.

Notre Dame de Toute AideNotre Dame des Victoires

A la longue, la procession fut victime de l’indifférence et de la circulation automobile. Et la guerre revint. En reconnaissance de la victoire de 1945 la famille Paul éleva au 69 rue Alexandre Barbier un petit oratoire dédié à « Notre-Dame des Victoires » et abritant…la statue de Notre Dame de Toute-Aide, offerte par l’Abbé Montreuil sans doute désireux de la remettre au grand jour.

En vérité, dépouillée de son costume de procession la petite statue semblait déchue de sa gloire passée. Jadis Souveraine de Sérifontaine, elle semblait, dans sa petite loge de brique en être devenue comme la concierge. Puis, le temps passant, elle allait peu à peu se faire oublier, comme si elle avait atteint l’âge de la retraite. Le terrain où se trouvait l’oratoire ayant été vendu à la commune, le monument fut légèrement déplacé, tout en restant la propriété privée d’Henriette Paul (Madame Lemoine). Sa belle-fille le restaura un peu en 2001. En 2009 la Municipalité décida à juste titre de placer à l’entrée du bourg un laminoir qui rappellerait la grande aventure industrielle qui s’était vécue à Sérifontaine. Du coup la petite Vierge en plâtre, abimée par le temps, était devenue plus discrète encore.

Un voleur cependant y prêta attention. Ave Maria, peut-être votre statue passant de main en main trouvera-t-elle, Dieu sait où, un nouvel abri. C’est un peu de notre histoire qui vient de nous être dérobée. Au moins le larron nous aura-t-il rappelé que nous avions une histoire !