Nos maisons

AVIS D'ENQUÊTE SUR TROIS MAISONS "TATOUÉES" !

Sur ce blog, certaines pages ont connu un engouement très important, comme celle consacrée aux photos de classe. C'est qu'on aime bien se revoir enfant, ou rigoler en voyant pépère et mémère à la petite école.

Cette page sur nos maisons a eu moins de succès, malgré d'intéressants témoignages (voir ci dessous). Bien sûr, la maison du voisin nous intéresse moins que la nôtre...et d'une maison que l'on vient d'acheter on ne se demande pas trop "à qui elle était avant". C'est bien dommage. Mais à Sérifontaine, désormais, les murs parlent...

Tag ? (Fresque réalisée par Antoine, un jeune sérifontainois dont le projet a su séduire la Commission Culture et a bénéficié d'un mécénat extérieur)

Nos anciens aussi tentaient de faire parler les murs. Alors je propose un petit jeu de piste.

Trois maisons gardent une trace visible (du Street Art avant la lettre !) de leur constructeur ou d'un habitant.

L'un d'eux était cafetier (quand il y avait plus de 20 cafés), ancien combattant des guerres de Napoléon III. Attention, les deux initiales ne sont pas à côté l'une de l'autre comme cela semble être le cas sur la photo...

initiaes FL

Le second était maréchal-ferrant, ce qui explique sans doute le talent avec lequel il a forgé ses initiales.

N

P

Sa famille fut l'une des premières à posséder une automobile, et compte un élu au Conseil Municipal. L'actuel occupant y siège aussi, d'ailleurs !

Quant au troisième, ne comptez pas trop sur moi pour vous donner un indice, ni sur l'occupant, car elle vient d'être rachetée... la maison du docteur

Ce qui est sûr c'est que si la maison est facile à trouver, les initiales sont peu lisibles. Sans doute sont-elles faites pour être vues de l'intérieur ?

Pour m'aider, je fais appel aux souvenirs des anciens... et à l'enthousiasme des jeunes, qui trouveront d'autres photos à la bibliothèque où les attend un avis de recherche que l'on peut aussi télécharger ici et qui explique les règles du jeu.

Et souvenez vous, l'histoire d'une maison, bien souvent... l'histoire d'un mec


Il y a ce que je sais sur Sérifontaine, parce que j'ai fait des recherches. Et il y a une chose qui m'interesserait beaucoup mais que je ne peux pas vraiment faire sans vous: l'histoire de votre maison.

Certaines maisons de Sérifontaine datent d'avant la Révolution (rue Jean Boyer), d'autres datent du règne de Louis-Philippe, quand la grande route 15 a pris de l'importance. Nombre d'entre elles ont une histoire liée à celle de l'usine Saint-Victor, ou à l'expansion de la commune sous Bernard Leduc. Certaines sont très bourgeoises, d'autres plus ouvrières, d'autres enfin sont plus rurales. Elles ont toutes une histoire. Pas aussi "grande" bien sûr que celle du château ou de l'église; mais une petite histoire qui participe d'une histoire plus grande, qui est la nôtre.

Par tradition familiale, ou en recherchant dans vos documents notariés, vous pouvez savoir découvrir des choses : qui a habité cette maison? à qui a-t-elle appartenu jadis? qui l'a fait construire?

Dites nous ce que vous savez, contactez moi si vous possédez des photos anciennes dont la publication serait intéressante pour tous!

la cocagne

notre maison, avec son puits disparu

Publié le mercredi, juin 27 2012 par Jacques Favier

Commentaires

1. Le mercredi, juillet 4 2012, 17:31 par Chantal Bréau

Ma maison ! Ma maison c’était « le four à chaux », à l’époque un peu perdu au milieu des champs et des bois (aujourd'hui rue Ambroise Croizat). Souvent je le regarde sur Google Earth et je m’y promène en rêve éveillé.Quel bonheur c’était d’y vivre ! Et pourtant elle n’avait ni charme ni confort ; pas d’eau, pas d’électricité. Le propriétaire des lieux (maison, bois, carrière) était, avant mes parents, Jacques Pallu. Je ne sais pas qui exploitait la carrière avant mes parents (un véritable travail de bagnard). Cette maison avait cependant quelque chose de très particulier que nous appelions « le coup de bélier ». Je l’ai entendu peut-être seulement quatre fois durant les quatorze ans que j’ai vécu là. Il s’agissait d’un bruit très fort et sourd, comme un coup de bélier, qui semblait venir des profondeurs sous la maison. C’était assez impressionnant et mystérieux. Je serais curieuse de savoir si les autres occupants, depuis quarante sept ans que nous avons quitté cet endroit magique (à mes yeux), ont eu l’occasion d’entendre cela.

le four à chauxle four à chaux du temps de Georges Bréau

2. Le lundi, juillet 9 2012, 07:05 par Jacques Favier

Chère Madame,

Je suis passé hier au four à chaux. La dame qui y vit maintenant depuis une vingtaine d'années... n'a jamais entendu le coup du bélier. Elle n'a acheté que depuis peu, était locataire avant. Je ne sais si des travaux ont été conduits, sous la maison ou dans la carrière, ce qui aurait supprimé le craquement souterrain qui était probablement la cause de ce buit étrange. Cela devait vraiment être impressionnnant pour une enfant!
A la photo de votre père, j'ajoute les clichés pris hier à votre intention...
Bien amicalement

four à chaux

 carrière auj

3. Le vendredi, juillet 13 2012, 09:47 par Chantal Bréau

Merci pour vous être renseigné et pour ces photos, que de changements ! On appelait "le transfo" la construction en brique qui est à l'arrière du toit , et je suis étonnée de voir que les fenêtres de l'étage ont toujours la même dimension...

CB

Allez voir le commentaire de Dominique Boucherot sous mon billet "premières réactions": lui aussi se souvient de votre four à chaux!

JF

4. Le mercredi, septembre 26 2012, 21:56 par Dominique Boucherot

J'ai habité à Sérifontaine pendant 23 ans au 9 rue du moulin, lieu dit "Le vieux clos" dans une maison faisant parti d'un ensemble de 4 maisons jumelées construites par la Compagnie Française des Métaux en 1947-1948.

 

le clos du moulin
5. Le samedi, octobre 6 2012, 20:47 par Olivier Vô-Tân

Notre maison est sise au 46 rue Alexandre Barbier, formant angle avec la rue de la Prairie qui mène au futur-ex-passage "à nigauds", qui lui même-mène , (ça rime) au chemin noir desservant l’antédiluvienne station dépuration (40 ans...!)

C'est une bâtisse un tantinet surannée d'aspect, genre figée à une autre époque et dotée d'une coursive extérieure couverte courant de tout son long, qui a été ajoutée au bâtiment existant il y a quelque années etqui lui donne un faux air colonial des années trente, ce qui détonne un peu pour la région...plutôt humide et fraîche.

 

46 rue Alexandre Barbier

Cela a permis de lui donner un certain cachet et d'unifier architecturalement les trois corps successifs qui ont été rajoutés au fil du temps, la prolongeant et en faisant une longère de fait, mais qui ne l'était à l'origine.

- le premier corps aurait été bâti aux alentours des années 1850 (?) et composé de deux pièces à vivre principales, allant jusqu’au niveau de l’emplacement de la cheminée actuelle.

 - le deuxième l' a rallongée je ne sais quand. Il part de la cheminée et s'arrête au niveau des marches située en bout de la coursive, à l'endroit ou se trouve une deuxième porte de service. Il comprend une pièce et une salle d'eau/sanitaires.

- enfin, le troisième corps termine le bâtiment et va jusqu'au pignon situé à l'ouest, créant une chambre sur un un demi étage dans la partie supérieure, et en dessous un cellier d’où part un escalier desservant la cave qui court sous la maison pratiquement jusqu’à la rue A . Barbier. La partie la plus ancienne est voutée. Dans le cellier subsiste la margelle de l'ancien puits extérieur qui s'est donc retrouvé englobé dans le bâtiment. Il a été arasé au niveau du sol et comblé, et recèle - qui sait ? - quelques antiquités ou secrets...

C'est donc une maison atypique, agrandie au fur et à mesure en fonction des moyens et des besoins familiaux des propriétaires successifs. Parmi eux et d'après les minutes notariales, y résidaient , entre autres, un ancien Secrétaire de Mairie durant les années 40/50, dénommé Edouart Hildevert Fournier, puis la famille Boulet-Lebfevre, et enfin la famille Duchaussoy plus récemment. Mais ces informations sont parcellaires et partielles, car je n'ai pu remonter plus avant.

Qui sait si un jour je pourrai déboucher le puits pour aller voir si par quelque hasard des choses variées pouvaient y avoir été celées durant les époques troublées?La précédente propriétaire venue et repartie sur Paris après une brève période, nous avais aussi indiqué avoir trouvé un louis d'or dans le jardin...mais je crois plutôt que c'était pour nous appâter et faire miroiter une quelconque histoire rocambolesque.

Mais cela serait aussi et surtout l 'occasion, d'en faire une réserve d'eau et/ou rétablir sa fonction de puits, pour notre usage domestique. Outre le coté écolo fort en vogue, l’aspect économique n’est pas à négliger.

J’espère pouvoir faire vivre et rénover au mieux cette maison, certes modeste et pas un monument historique, mais qui a sa petite histoire et particularité, ce qui fait son charme que nous apprécions. Si quelques personnes pouvaient abonder ou rectifier quelques éléments sur son passé et habitants, bien sûr cela nous ferait grand plaisir. Et ne pourrait que lui ajouter un supplément d'âme.

Olivier et Martine Vô-Tân.

6. Le dimanche, octobre 7 2012, 23:10 par J Duchemin

Ma maison, au n°12 de la rue Jean Boyer et celle de Mademoiselle Thuillier, au 14, constituent un ensemble ancien et intéressant, sans doute liée à la marechalerie (située contre l'actuel tabac) d'un relai  sur la route du poisson péché à Dieppe et conduit à Paris par les "chasse-marée". Il y avait peut-être un relai de poste avant la Révolution, situé à l'emplacement de l'actuel salon de coiffure, mais relais de poste et relais de chasse-marée sont deux choses différentes.

En me fondant sur le cadastre et sur mes observations j'ai essayé d'en reconstituer l'ensemble.

Plan des maisons Thuillier et Duchemin

Quand on regrde les murs avec attention, on retrouve beaucoup de détails instructifs.

  • façades sur rue Jean Boyer
  • la maison sur la rue est pour l'essentiel du 18ème siècle, comme on le voit au pan coupé sur le côté gauche. mais elle a été agrandie au 19ème siècle (où l'on ne faisait plus de pan coupé) côté droit. Depuis la rue on voit bien la différence de nature des briques.
  • depuis la rue on voit bien aussi un ancien pilier de portail qui a été alors intégré au mur.
  • on voit aussi une petite pierre décorée avec une coquille Saint-Jacques: elle n'a pas de signification historique particulière, car c'est une création personnelle!

un mur chargé d'histoire

Dans l'axe du portail, en fond de cour, un bâtiment porte une pierre gravée donnant la date de 1783. Elle est visible de la rue par les personnes de grande taille. pierre gravée (postérieure?) Je pense que cette pierre a été taillée postérieurement, par un propriétaire qui a remanié ce bâtiment, en en faisant un passage avec une large ouverture à arc de briques, donnant vers le bout du terrain qui allait jusqu'à l'Epte. A l'intérieur, la présence d'un four à pain, d'un puits, et de divers autres éléments laissent penser qu'il s'agissait de la cuisine.

Enfin sur le flanc gauche de mon jardin il y a un long bâtiment qui abritait alors des écuries. Le voici photographié de l'autre côté, depuis la petite cour donnant sur la rue du Moulin. La couverture en ardoises larges et posées en losange est une solution de toiture très légère: elle traduit, presque partout dans Sérifontaine, les anciennes couvertures de chaume des bâtiments de service.

les anciennes écuries de la maréchalerie

 

7. Le dimanche, juin 2 2013, 23:27 par Jacques Favier

Bientôt quelque chose de nouveau?

Il y aura ceux qui les aimeront, ceux qui critiqueront leur nouveauté dans le paysage, comme si celui-ci devait désormais n'être fait que de pavillons "Maisons France-Confort".  Rue Ambroise Croizat, un jeune entrepreneur fait construire juste au dessus de l'ancien four à chaux (voir plus haut les photos en "commentaires" 1 et 2) deux maisons d'un type nouveau chez nous : des maisons à ossature bois, et à hautes performances environmentales.

J'ai dit que certaines maisons avaient une âme : rien n'indique que les maisons les plus anciennes aient seules ce privilège et je pense que celles-ci auront quelque chose de remarquable.

maison de bois 1

Avec l'aimable autorisation de Monsieur Alexandre Heurteux, je publierai les photos de l'avancée des travaux. Un mot simplement pour signaler qu'ils sont conduits par une entreprise de la région, celle de son frère Guillaume Heurteux, "le chemin de la Hétraie" ( à Bosquentin, dans l'Eure) à qui l'on doit déjà , rue Jean Boyer, une très belle restauration de façade ancienne. Comme quoi, notre petit pays n'est pas condamné à la banalité, ni à la laideur! C'est plutôt encourageant...

Juillet 2013:

maison en bois juillet

 

Octobre 2013

en octobre 2013

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