J'ai décidé un jour d'ouvrir une page spéciale pour le "Petit Foyer", car son histoire s'enfonce lentement dans le souvenir des plus anciens. Pourtant il a joré un grand rôle dans notre hsitoire, et je ne me doutais pas qu'elle me vaudrait tant de correspondances !

Je voudrais tout d'abord vous signaler, un document très riche, l'histoire d'une petite fille abandonnée à deux ans et qui fut pupille à Sérifontaine. Il est presqu'entièrement dû à son fils, j'y ai apporté quelques précisions. Vous pouvez le télécharger ici.

Je reprends sur cette page certaines choses déjà évoquées dans le billet qui s'appelait du côté des enfants, des pauvres et des orphelins mais avec des photos nouvelles ! Un grand merci à une dame qui en cherchant des renseignements sur sa grand-tante a trouvé mon blog et vient de m'envoyer d'émouvantes photos... C'est une choser qui ne serait jamais arrivé autrefois, l'internet a du bon !

Créé après la Grande Guerre, le "Petit Foyer" a contribué à la vocation spécifique de Sérifontaine en la matière, et cette œuvre devrait beaucoup à Jeanne Boyer, la fille du maire Jean Boyer, connue dans l'histoire de Sérifontaine comme "la Générale Pallu". Présidente par ailleurs de l'Œuvre des Mères et des Enfants de Guerre, de l’Entraide sociale de la Maternité, et de l’Appui maternel, elle s’investit aussi localement à Sérifontaine où son mari et elle possédaient le vieux château et où elle crée ce qui va rester dans la mémoire locale comme le Petit Foyer.Plusieurs maisons de Sérifontaine acccueilleront les oeuvres de la Générale Pallu.

Citons d'abord la "maison jaune", ainsi nommée pour ses volets longtemps revêtus de cette couleur voyante.

la maison jaune

Ensuite, c'est l'ensemble des bâtiments formant aujourd'hui le côté nord du parking sur la rue Pierre-Eugène Boyer, lieu connu sous le nom de Grâce de Dieu. à la Grâce de Dieu

Maria Lafage 1921Mais la Générale, qui s'active beaucoup à Paris, ne dirige pas au jour le jour le Foyer. Parmi les personnes qui la secondent, voici la photo de Maria Lafage, petite paysanne pauvre de l'Aveyron née en 1895 à Monteils, devenue infirmière sans doute aux débuts de la 1ère guerre mondiale et venue vivre sa vie d'adulte dans l'Oise, loin de son village natal. Elle fut responsable du Petit Foyer pendant près de 15 ans apparemment.

Les photos ci dessous sont rarissimes. Distribuées sous forme de photo-cartes, sans doute en un très petit nombre d'exemplaires, elles ne se trouvent plus guère que dans les albums photos des enfants d'enfants qui furent alors photographiées.

Le Petit Foyer en 1929

Le Petit Foyer en 1929 verso

Le Petit Foyer en 1929 verso

Le Petit Foyer, en 1931

Voici un document remis par Monsieur Allard.

le Foyer en 1931

le revers de la CP Allard

Celle qui adresse cette carte en 1931 à son frère s'appelle Raymonde Delacourt. Elle est née le 19 juin 1910 à Sérifontaine. Son Père, Felix Amédée (ou Aimé, selon les registres!) Isidore Delacourt était né en 1873 à Espaubourg mais avait longtemps véu à Sérifontaine avant de quitter notre commune pour aller mourir en Seine et Marne, en 1931. Son propre père, Pierre Félix Delacourt était décédé en 1901, en Nouvelle Calédonie, après avoir longtemps vécu dans le pays de Bray. La mère de Raymonde s'appelait Marie Léa Leclerc (rien n'indique qu'elle ait été mariée à Felix Delacourt) et elle était également décédé avant 1932. Orpheline de père et de mère, Raymonde fut donc mise au Petit Foyer, ni comme enfant, ni comme mère célibataire.

Sur la photo, elle a ainsi 21 ans, et elle se tient première à gauche, avec d'autres jeunes filles sans doute employées comme aides. On compte plus de trente enfants, âgés de deux à trois ans, et un nourrisson dans les bras d'une aide. A cette date il ne saurait évidemment s'agir d'orphelins de la grande guerre. Ce sont bien des enfants de la misère. nés vers 1928. Certains sont peut-être encore de ce monde. On note que tous les enfants sont pareillement chaussés (des chaussures qui paraissent presque neuves sur la photo) et que l'on a revêtu les plus jeunes comme les adultes du même tissu à fins carreaux qui servait dans les "Maisons Claires" quinze ans plus tôt. Au centre, l'infirmière possède un visage aux traits réguliers, quand les jeunes femmes autour d'elles ont toutes les traits du visage marqués par des séquelles de maladie ou des stigmates de misère.

Raymonde Delacourt ne resta sans doute pas longtemps au "Petit Foyer". Le 19 novembre 1932, elle épousait René Allard, né en 1908 à Saint-Pierre ès-champs, et maçon de son état. L'acte de mariage précise que Raymonde était ouvrière d'usine. Sa famille avait dû être dispersé, car Raymonde avait un frère qui, en 1934 écrivit à la mairie de Saint Aubin en Bray pour demander des renseignements sur sa famille. Sans doute avait-il perdu la trace des siens dans ce village. Le maire lui répondit, apparemment après avoir fait des recherches, lui donnant les indications sur le décès de son père, et sur un oncle et deux tantes, avant de lui suggèrer de s'adresser à la Mairie de Sérifontaine.

Infirmière en 1931Voici Maria Lafage en 1931. Comme elle semble avoir vieilli en dix ans seulement ! Elle est décédée en 1947 à Saint Salvadou à proximité de Villefranche-de-Rouergue dans l'Aveyron.

En postant cette photo, je demandais si quelqu'un pouvait identifier "la petite Hélène Corneloup" qui est mentionnée sur le verso de cette photo. C'est chose faite quelques semaines plus tard : la réponse est venue... du Bénin, d'où Jean-Michel Bouchez a indiqué que c'était la fille d'une des infirmières Marguerite (ou Germaine) Corneloup. Hélène Corneloup s'est mariée avec André Capra. Elle avait pris sous son aile protectrice la petite Marie Louise Vadecart, qui était au foyer des pupilles de Sérifontaine. Devenue Bouchez, cette dernière (aujourd'hui très âgée et malade) est la mère de Jean-Michel Bouchez qui nous envoie cette information. Merci à tous mes lecteurs !

Le Petit Foyer en 1934

Le Petit Foyer en 1934

verso 1934

Toutes ces photos de groupe prises au Petit Foyer sont des photos très "posées". En voici d'autres qui donnent peut-être plus d'indication sur la vie quotidienne.

Celle-ci m'a été donnée par le fils d'une femme qui avait travaillé également pour les Œuvres de la Générale Pallu, mais à Trie-Château, dont les époux Pallu avait acquis le château (actuelle mairie) et où un établissement comparable à celui de Sérifontaine avait été créé. On remarque le même tissu (qui devait servir partout en France) et la même tenue pour l'infirmière. à Trie