samedi, juin 26 2021

87 - Sérifontaine : « circulez, y a rien à voir » ?

Samedi dernier je suis allé voir les promenades autour de chez moi de l'artiste brayonne Patricia Allais-Rabeux dont les aquarelles consacrées à son (à notre !) petit pays étaient exposées à la Bibliothèque Municipale de Sérifontaine.

J'ai fait l'acquisition de son livre, rempli de pensées, d'observations, d'émotions... et en feuilletant le livre devant elle, j'en suis arrivé à la page consacrée à Sérifontaine. Elle commence ainsi :  Lorsque l’on entre dans Sérifontaine en suivant la D915, rien ne donne envie d’y faire une pause. Et bien, moi je vous conseille de la faire . Elle a doublement raison, l'artiste, même si ce qu'elle trouve de plus remarquable chez nous, ce sont notre passé et nos friches industrielles !

Parmi ses handicaps, notre petite ville, presqu'un gros village plutôt, pas réellement rural cependant, mais plus industriel, sans passé historique fameux ni monument incontournable, souffre de n'être nulle part : ni vraiment dans le Bray (quoi qu'en pense l'artiste) ni vraiment dans le Vexin, sûrement pas dans le Beauvaisis. Commune ni normande (sauf longtemps aux yeux de l'Eglise et aujourd'hui pour le train, la rivière, les collèges etc) ni picarde (province rayée d'un trait de plume), toujours en bordure de découpages administratifs absurdes et dont les habitants ne voudraient pour rien au monde être classés dans l'Ile de France, ce qui serait finalement la chose la plus sensée et historiquement la mieux défendable. J'ai déjà évoqué la difficulté de répondre à la question dans quel pays sommes-nous ? 

Notre vrai pays, dis-je en riant avec mes interlocutrices, c'est la pliure de la carte.

Et c'est vrai, de la Cassini de jadis (où notre territoire était réparti sur 4 cartes) à la carte IGN de nos jours, Sérifontaine est toujours plus ou moins sur le bord ou sur la pliure... bref marginale !

Et quand on est marginal, n'est-on pas un peu invisible ? Songeons à Pissarro qui a vécu des années à une heure de marche de Sérifontaine, et qui n'est jamais venu y planter son chevalet...

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samedi, mai 29 2021

86 - Un sérifontainois dans la « semaine sanglante » de 1871

Un détail, dans la liste inscrite sur le monument de 1891 (mon précédent billet) avait tiré mon regard de longue date : un mort à Paris en 1871 dans les jours qui ont suivi cette semaine sanglante qui conclut tragiquement la Commune et dont on a commémoré (et si peu, d'ailleurs !) les 150 ans ces derniers jours.

Il m'était toujours apparu infiniment peu probable qu'il s'agisse d'un  fédéré  fusillé dans les journées qui suivirent la fin de l'insurrection. Imagine-t-on ceux qui organisèrent en 1891 le chahut décrit dans mon billet précédent, ne pas crier au scandale si l'on avait célébré la mémoire d'un communard ? Imagine-t-on inversement qu'un héros de la Commune de Paris n'aurait pas été célébré à partir de 1919 par la municipalité, quand le monument de 1891 était encore bien visible devant l'église et sachant combien le PCF tenait à raccrocher son histoire à cet épisode révolutionnaire ?

Il était donc pour moi évident qu'Eugène Isaac était mort sous l'uniforme, non parmi les 877 tués du 22 au 28 mai, mais parmi les agonisants des semaines suivantes. Il y avait eu, en effet, 6 454 blessés sans compter les 183 disparus , tous malheureux instruments d'une politique qui leur échappait. Aucune base de données ne les recense de façon exhaustive.

Je me suis donc mis en quête de son court et triste destin, pour pouvoir en faire mémoire 150 ans après sa mort. J'ai été aidé in fine par le Père Jacques Benoist, que je tiens à remercier dès l'introduction.

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dimanche, mai 16 2021

85 - Une sacrée fâcherie : notre premier monument aux morts en 1891

La publication de ce billet est due à une petite découverte archéologique amusante dont une fidèle lectrice m'a fait part. Pour présenter sa trouvaille il me faut revenir 130 ans plus tôt, en 1891 et parler d'un monument dont beaucoup de gens semblent avoir perdu le souvenir maintenant qu'il a été relégué dans le cimetière, mais qui durant 30 ans fut érigé devant l'église.

Le monument aux morts est, dans presque toutes les communes de France, tellement associé au souvenir de la première guerre mondiale que certains s'étonnent d'en découvrir chez nous un antérieur à l'actuel, et à son emplacement. Or son histoire est très instructive.

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lundi, mars 22 2021

84 - Ma maison, du temps des Fournier (1911- 1984)

Cet article fait suite à celui que j'ai consacré aux origines de ma maison, du temps des Faburel et des Dagincourt, puis au deuxième, consacré au temps des Tellier (1850-1911) auxquels la famille Fournier fit suite naturellement dans les murs.

Une part non négligeable de mon information et plusieurs photographies proviennent des souvenirs d’André Fournier (1914-2005).

Ils m’ont été confiés par son fils Patrick, toujours sérifontainois. Sauf évidemment cette carte postale, datant sans doute du début des « années Fournier » et dont la découverte avait été, il y a près de 12 ans maintenant, le déclencheur de ma vocation d'historien de notre commune.

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lundi, février 22 2021

83 - Ma maison, du temps des Tellier (1850-1911)

Cet article fait suite à celui où je retrace ce que je sais de l'histoire de ma propre maison depuis sa construction, à la fin de l'époque révolutionnaire au temps des familles Faburel et Dagincourt.

A cette époque, et pour des gens modestes, mes ressources en termes d'illustration sont faibles. Quelques traces signées sur des registres ou des contrats...

Par contrat passé chez Maître Louis Ambroise Delesque, notaire à Maineville, le 23 mai 1850, Louis-Michel Dagincourt, cultivateur à Sérifontaine, avait vendu pour 2.600 francs ma maison à Pierre « Victor » Tellier, né à Sérifontaine le 5ème jour complémentaire de l’An 6 (21 septembre 1798), journalier devenu lamineur et chauffeur en mines et ainsi qu’à sa femme Marie Victoire Saint-Ouen née le 30 octobre 1797, dentelière qui ne savait écrire ni signer son nom, ce que les Tellier père et fils faisaient quand même avec quelque mal.

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samedi, février 20 2021

82 - Ma maison, du temps des Faburel et des Dagincourt

Après tant d’années, il m’est venu l’idée de reconstituer l’histoire de ma propre maison, située dans la face externe du tournant de la rue de Cocagne, sur la « grimpette » donnant l’accès vers la rue Parmentier, d'où la voient bien, dans l'axe de la rue, ceux qui entrent dans Sérifontaine en venant du Coudray.

ma maison.jpg, fév. 2021

Ce n'était pas que je lui suspectasse quelque particularité (sinon d’être l’une de celles qui abritent des « parisiens ») ni qu’elle ait pu appartenir depuis sa construction à des gens notables. Tout au contraire, la modestie de la maison et de celle de son destin en faisaient, pensais-je, un assez bon exemple. Une occasion de plus de fouiller dans le passé de gens normalement condamnés à l’oubli, même si deux d’entre eux ont leurs noms gravés sur notre monument aux morts...

Cette recherche m’a tout de même ménagé quelques belles surprises.

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mercredi, février 17 2021

81 - La Poste

On vient de m'adresser la copie d'une intéressante photographie, datant du moment où fut construit l'actuel bureau de Poste de Sérifontaine.

Je serais très reconnaissant à ceux de mes lecteurs qui auraient des pistes pour identifier ces 3 joyeux ouvriers !

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dimanche, décembre 13 2020

80 - En avant la musique !

Une photographie ancienne qui vient tout juste de m'être prêtée, et qui n'avait donc pu être publiée dans mon livre en 2010, m'amène à revenir sur une activité longtemps florissante à Sérifontaine : la musique, ou pour employer le grand mot du temps, la fanfare.

La voici donc, ici, photographiée par la maison Laverdure à Gisors, sinon en 1895, du moins avec une bannière rappelant l'année de sa création.

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mercredi, décembre 2 2020

79 - Notre plus ancien cadastre (1831)

Je suis particulièrement heureux de pouvoir mettre ici en ligne un document essentiel pour l'histoire de notre commune, et ceci d'autant plus que le premier exemplaire de notre cadastre, ce que les historiens appellent le « cadastre napoléonien », versé en son temps aux Archives de l'Oise, a disparu dans la tragédie de 1940 à Beauvais.

Voici donc, récemment exhumées de nos archives municipales, douze feuilles de ce plan cadastral tracé dans la première année du règne de Louis-Philippe, sous le mandat du meunier Élie Vinot, maire éphémère de notre commune, alors que les toits d'ardoises commencent à remplacer ceux de chaume et que le Baron d'Arlincourt entreprend de transformer le destin de Sérifontaine. Ce plan est achevé sur le terrain 1er octobre 1831 par le géomètre Ballin.

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vendredi, mai 15 2020

78 - Un maire « oublié » ?

Germaine G. née Hérault a aujourd’hui 83 ans. Lectrice de ce blog, elle m’a contacté au sujet de son grand-père. Avec émotion j’ai découvert qu’elle était arrivée à Levallois pour y être institutrice, comme on disait encore alors, l’année même où moi j’entrais à la petite école ! Elle y a travaillé jusqu’en 1993, alors que je vivais à 5 minutes de son école. Nous avons pu nous croiser dans la rue… Cela mesure l’imbécilité profonde de tout ce qu’on a entendu depuis deux mois sur les « parisiens » et les « gens de chez nous ». Passons.

Monsieur le Maire.jpg, mai 2020Au début de ce siècle, elle et son frère (disparu en 2012) avaient trouvé en ligne une liste de maires de Sérifontaine sur laquelle leur grand-père, Isidore Hérault, maire de 1947 à 1953, ne figurait pas.

Ils s'étaient rendus à la mairie et là aussi, ils avaient vu que son nom n’avait pas non plus été gravé sur la plaque de marbre rouge qui se trouvait sur le mur de droite dans le hall, en face du secrétariat.

Confinée dans son appartement en région parisienne durant la pandémie, ma lectrice a trié et rangé depuis des semaines des papiers anciens de sa famille, sur l'exode, sur la captivité de son père et sur mille détails de la vie de Sérifontaine. Elle m’a aidé à retracer quelques vies, et à proposer une ou deux réponses à des questions qui restent ouvertes.

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mercredi, avril 8 2020

77 - Coratte, père et fils

coratte.jpg, avr. 2020Voici un homme bien élégant, qui fut maire de Sérifontaine peu d'années mais dans des circonstances difficiles, et dont le portrait a déjà été présenté dans mon billet 75.

Le hasard d'une rencontre en ligne, sur un sujet tragique, m'avait aussi donné l'occasion de semer un petit indice, car Monsieur Coratte, comme la malheureuse famille Quoilin, venait des Ardennes, auxquelles la CFM liait décidément notre destin.

Pierre-Fernand Coratte, était né le 8 avril 1857 à Mercy dans le département de l'Allier, dans le petit hameau des Branles.

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dimanche, avril 5 2020

76 - Une famille

L'histoire de Sérifontaine s'inscrit, pour moi, au-delà de ses étroites limites administratives. Reliée jadis par les liens féodaux à d'autres « paroisses » elle le fut aussi ensuite à d'autres communes, comme je vais en donner ici un témoignage poignant, par les aventures industrielles et par les guerres. Aujourd'hui, par la magie du réseau informatique mondial, ces liens réapparaissent et les souvenirs se ravivent.

Quoilin.jpg, avr. 2020Voici donc un témoignage venu des Ardennes, et qui permettra d'avoir une pensée spéciale pour des gens, la famille Quoilin, dont le nom est inscrit 4 fois sur notre monument aux morts.

Ils habitaient au 12 de la rue Sainte-Paule, et n'étaient pas installés chez nous depuis fort longtemps. Sans-doute nul ne se souvient-il plus d'eux et je pense donc qu'il est utile de fixer ici leur souvenir, tout en complétant le billet écrit il y a déjà plusieurs années sur les morts de la seonde guerre.

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mardi, mars 31 2020

75 - Monsieur le Maire

registre an XI.jpg, mar. 2020Comme des milliers de Communes, Sérifontaine vit actuellement « entre deux tours » de l'élection de son Maire. Cette situation est inédite, mais les prorogations ou d'autres entorses au calendrier prévu n'ont pas été rares dans l'histoire.

Et si les deux fonctions politiques les mieux connues des français sont le Président de la République et le Maire de la Commune, établir la liste des premiers est quand même beaucoup plus simple, malgré quelques virages à angle droit, que de reconstituer celle des seconds !

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lundi, mars 23 2020

74 - Notre Champollion

patte.jpg, mar. 2020Avec près d’un siècle de retard sur l’homme qui déchiffra la pierre de Rosette, Sérifontaine a eu son Champollion : Victor Patte.

Celui-ci est surtout le grand historien de Gisors où il finit juge de paix. Mais sa famille était aussi implantée à Sérifontaine (comme le rappelle le calvaire de Bourguerelle). En 1896 il présenta, comme de simples notes historiques sur Gisors, un ouvrage de 580 pages qui ressemble parfois à un long guide touristique coupé de digressions, de longs récits ou causeries historiques et archéologiques. Il avait aussi entrepris une Histoire de Sérifontaine dont ce qui ne devait sans doute être que le début fut publié en 1912 dans le Bulletin de la Société archéologique de l’Oise, tome VIII où elle occupe les pages 133 à 180.

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samedi, novembre 30 2019

73 - Le Coq Rouge

Au début de la nuit du dernier jour de novembre 2019, une partie de l'usine que l'on avait cru pouvoir conserver pour garder un peu de la mémoire de notre Commune est partie en fumée.

l'incendie du 30 novembre 2019 photo Clau Die

C'étaient les anciens « bâtiments d'entretien » de ce que les anciens, mais aussi les internautes sur Facebook, continuent d'appeler « Tréfimétaux ». Ils abritaient depuis peu un atelier de réparation de voitures anciennes monté par M. Jérôme Denis. Une cagnotte en ligne permet de l'aider et de lui manifester notre solidarité. Ce matin les carcasses calcinées semblaient frappées d'une sourde malédiction du lieu, et cela m'a serré le coeur.

sic transit

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samedi, novembre 2 2019

72 - Sainte-Marie, usine, cité, creuset...

La cité Sainte-Marie, création originale de la Compagnie Française des Métaux (CFM), est un petit monde à part, que ceux qui entrent dans Sérifontaine en venant de Gisors aperçoivent sur la gauche, et que l'on longe à pied quand une promenade nous emmène vers Thierceville.

Discrète, la cité l'est aussi quant aux traces qu'elle a laissées. J'avais dû, en 2010, renoncer à la faire figurer dans mon livre, parce que je ne disposais simplement d'aucune photographie de cet ensemble postérieur il est vrai à la grande vogue des cartes postales. Cette lacune est réparée grâce à une découverte récente dont je veux faire profiter mes lecteurs !

cité Sainte Marie

Si certains d'entre eux pouvaient m'aider à identifier quelques visages, ce serait un grand bénéfice pour tous ceux qui veulent faire vivre le souvenir de tous, même des plus modestes ! La Cité Sainte-Marie n'apparait ni au recensement de 1916, ni même à celui de 1921. Elle a dû être inaugurée juste après ce dernier. En 1926, on y recense 66 familles dans 7 maisons, les autorités ayant considéré (comme dans les autres cités) que chaque ensemble linéaire formait une seule et unique maison !

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jeudi, octobre 24 2019

71 - Sommes-nous sur un carrefour ou sur une marge ?

Je répondrai à cette question, en me situant sur le plan historique, et pour une fois à Gisors davantage qu'à Sérifontaine, lors d'une conférence au Boisgeloup, mardi 5 novembre à 19 heures, en introduction à un atelier participatif organisé par «Gisors en Commun » sur ce thème très contemporain.

vous êtes ici

(entrée gratuite)

mercredi, octobre 2 2019

70 - Un méchant curé

Sérifontaine avait connu, depuis 1782, un curé exceptionnel à tous égards : François Jérosme, qui fut aussi, à tour de rôle ou en même temps Maire (de 1799 à 1812) et instituteur, inocula la vaccine (en 1810) et mourut en bienfaiteur en léguant à la Commune le terrain où l'on construisit plus tard l'école de filles, demandant seulement en échange des messes que naturellement on s'empressa d'oublier.

Avec son successeur, Guillaume-Amable Bellanger, nommé en 1829, on allait tomber de haut. Qui se souvient de lui ? Personne sûrement, sauf moi, sans doute, parce que j'ai l'œil à tout ! Il a laissé pourtant ses initiales gravées dans le bois. Il a aussi laissé bien davantage de traces comme plaideur procédurier que comme pasteur des âmes.

initiales GB

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dimanche, septembre 1 2019

69 - Une grande famille

Je viens de faire l'acquisition de deux photos datant pour la plus ancienne de plus de 100 ans, et dont un lointain héritier a préféré se défaire. Je pense tout au contraire qu'elles peuvent aujourd'hui intéresser tout le monde. Au-delà de l'intérêt généalogique qui doit concerner une très nombreuse descendance, elles témoignent d'un passé qui reste proche proche : il s'agit des grands parents des anciens d'aujourd'hui. Mais ce passé est déjà lointain par les moeurs, les costumes et bien sûr ce que transpire qu'un tout petit peu : les mentalités.

Voici donc un mariage chez nous, au début du siècle dernier. (cliquez dessus pour grandir, surtout si vous pensez pouvoir identifier tel ou tel visage)

Le mariage d'Irénée Carbonnier et d'Eugénie Dumont

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samedi, juillet 20 2019

68 - L'Usine en guerre

Une photo vieille de plus d'un siècle fait ressurgir un morceau de notre passé : celui d'une petite ville jadis forte et fière de son usine, que l'on désignait alors traditionnellement comme « Saint-Victor » mais qui appartenait à la Compagnie Française des Métaux. Celle-ci employait durant la Grande Guerre 878 ouvriers, 602 hommes, dont 140 mobilisés, 98 femmes et 90 enfants, travaillant 10 heures par jour.

La production mensuelle était de 1.000 tonnes de cuivre, en feuilles, en bandes, en disques, le tout entrant dans la fabrication des douilles, des fusils, des canons. Inutile de dire que c'était une production stratégique. On se méfiait de l'ennemi, qui n'était pas loin. On se méfiait aussi des ouvriers, qui sentaient de plus en plus qu'ils étaient en position de force, et qui bientôt imposeront par des grève une réelle revalorisation des salaires.

Il fallait protéger l'usine. Qui pouvait s'en charger, alors que les soldats étaient plus utiles au front ?

leposte de garde en 1916

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vendredi, juillet 5 2019

67 - The Hordley Crew

This post in English on my blog is an exception, to pay my tribute to the Hordley Crew. 75 years after their sacrifice, I translated what I had previously published in French, and some more.

It was a few weeks before I submitted the manuscript of my book, towards the end of 2010. I had the feeling that one thing was missing : a photo that would allow me to pay a tribute to the young British guys who fell down on Champ-Mauger's farm in July 1944. If their influence on the history of Sérifontaine is obviously small, they remain as part of our memory. Once a year, the British and Canadian (for Hugh Burgess) flags and National Anthem are part of the ceremony to commemorate their sacrifice.

la stèle

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dimanche, janvier 27 2019

66 -Un Musée de l'automobile à Sérifontaine

Dimanche 27 janvier 2019, Sérifontaine a inauguré avec émotion le petit Musée rêvé par Frédéric Queffeulou (23 janvier 1963-22 août 2018) qui a choisi de faire don à la Commune de son impressionnante collection de modèles réduits. Celle-ci est maintenant installée dans l’ancienne « maison du Directeur » de l’usine Saint-Victor.

inauguration du Musée

affichetteLa passion pour les petites voitures n’est pas une chose exceptionnelle.

Il y a dans toute cave ou dans tout grenier quelques Dinky toys que nous n'avons jamais voulu jeter, serrées avec des petits soldats et des Barbie...

Frédéric Queffeulou en 1969Mais Frédéric Queffeulou a poursuivi, avec une belle constance, cette passion qui anime tant d'enfants, et il a réussi à réunir quelques 6000 pièces, pour certaines indispensables à toute anthologie, pour d'autres de vraies raretés. Seul, sans fortune et sans revenus importants, il a dû pour cela s'introduire dans les milieux les plus variés (collectionneurs, journalistes spécialisés) et même se faire entrepreneur : certaines raretés présentes à Sérifontaine ont été réalisées sur ses instructions au bout du monde, pour quelques amateurs. Il y a, grâce à lui, à Sérifontaine des modèles que le visiteur ne verra nulle part ailleurs.

Nul doute que son leg contribuera à la culture de notre commune et perpétuera sa mémoire. C'est son épouse Anita qui tiendra le musée, de façon bénévole, avec une ouverture gratuite le premier samedi de chaque mois et sur rendez-vous pour les groupes scolaires dont on espère qu'ils seront nombreux et apporteront de la joie dans ces murs.

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vendredi, novembre 2 2018

65- Après la guerre

début de listeLe monument aux morts fait mémoire d'une histoire particulière : un drame national, la guerre, et sa projection sur les destins individuels brisés des "enfants du pays".

Nul doute pourtant que, cent ans après l'armistice claironné au matin du 11 novembre 1918 sur un pays en ruine, dix ans après la mort du dernier poilu français, les discours embrasseront aussi les victimes de tous les conflits suivants.

Dans bien des communes en effet, comme à Sérifontaine, on a ajouté les noms des morts pour la France tout au long du 20ème siècle à celui de leurs aînés de 14-18.

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dimanche, octobre 14 2018

64- Au bord de l'eau

cahier 78-79Magnifique exposition à Amécourt les 13 et 14 ocotbre, avec des tableaux, des photos anciennes et aussi un conférence de présentation érudite, par Jérôme Vrel, de son ouvrage sur les Moulins du bord de l'Epte publié par la SHGBE dans son numéro double 78-79.

L'occasion aussi de visiter une ferme magnifiquement restaurée au fil du temps, avec son moulin datant de l'époque post-révolutionnaire, quand après l'abolition du privilège des moulins des seigneurs a permis a presque tous les riverains d'installer ces petits moulins qui, durant un siècle et demi environ, allaient donner sa vocation à notre rivière.

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jeudi, août 30 2018

63- Les Danois, leur reine et nous

Le président de la République, qui aime à disserter sur son pays dès qu'il en franchit les frontières, s'est exercé à distinguer les Danois, luthériens et flexibles, des Gaulois réfractaires au changement.

Tandis que chacun y allait de son commentaire, j'y ai trouvé l'occasion de passer en revue les témoignages du passage des Danois parmi nous.

le vexin danois

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mercredi, août 22 2018

62 - Cérès, tradition locale ou légende savante ?

Il y a un sujet que je n'ai jusqu'ici jamais abordé, malgré quelques sollicitations : celui du nom de notre Commune. Il y a une explication qui revient souvent, et qui plait à bien des anciens sérifontainois : la fontaine de Cérès.

Deux lecteurs de ce blogs m'ont récemment communiqué de quoi examiner un peu cette piste, en essayant de ne pas trop m'égarer sur les autres hypothèses, car pour dire le vrai il y en a tant que cela me ferait déborder le cadre d'un billet sur ce blog.

D'abord la carte de l'élection de Gisors (consultable ici) contenue dans le magnifique Atlas de la généralité de Rouen datant de 1683 et dû au Sieur de La Motte, un des échevins de la ville de Harfleur. Elle fait spécifiquement mention non seulement de cette antique déesse, mais des restes d'un temple qui lui aurait été dédié !

l'Atlas de 1683

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samedi, juin 23 2018

61 - le blason de Sérifontaine

Sérifontaine, qui existe depuis les débuts de l’histoire de France, n’avait pourtant pas de « blason ». En janvier 2015, j'avais déjà soulevé le sujet sur mon blog, expliqué les raisons de cette absence, et fait une suggestion, imparfaite d'ailleurs. Sans grand succès. Mais en janvier 2018 un jeune sérifontainois de fraiche date mais lecteur de mon blog, a écrit au Maire pour proposer lui aussi de créer un blason. Le Maire de Sérifontaine nous a chargés de faire une proposition au Conseil Municipal, ce que nous avons en juin, au cours d'une séance où notre projet a été accepté, et est donc devenu le blason officiel de notre commune.

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lundi, janvier 8 2018

60 - Miracles ?

J'ai déjà évoqué ici sur ce que George Sand décrit comme « ces générations obscures qui passent sur la terre et n’y laissent point de traces ». Pour retrouver la trace de l'un de ces modestes destins, au bout de deux ou trois générations, il faut un fait divers, un vol, un crime ou ... un miracle !

Curieusement, si on m'a déjà interrogé sur des souterrains, des fantômes, des OVNI, des histoires de filiations inavouées et dont je n'entends pas m'occuper, aucun de mes lecteurs ne m'a jamais interrogé sur le point de savoir s'il y avait eu miracle chez nous.

le premier recueil de la Muze historiquePour retrouver la chose, il faut lire les gazettes de jadis. La Muse historique est une gazette écrite en vers, et fondée par un certain Jean Loret au commencement du règne de Louis XIV, durant la période agitée et révolutionnaire de la Fronde.

Pendant 15 ans, de 1650 à 1665, tous les faits remarquables, politiques, littéraires, tous les bruits de ville, toutes les nouvelles étrangères qui ont occupé les esprits ont laissé une trace grâce à ce Jean Loret. Et tout le monde (y compris le jeune roi) lisait sa Gazette.

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mercredi, décembre 6 2017

59 - Johnny et nous

Au moment où disparait un géant de la culture populaire française, je veux rappeler une journée mémorable, dont j'ignore même la date !

Johnny

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vendredi, novembre 3 2017

58 - Mourir à Sérifontaine

lamort à SérifontaineDepuis que l’on vit à Sérifontaine, on y meurt aussi. La mort procure à l'historien un gisement presqu'inépuisable de précieux renseignements mais elle procurait aussi, jadis, une source d’activité économique !

Ce sont bien les morts, seuls, qui nous apprennent que le site de Sérifontaine fut peuplé depuis la préhistoire : dans les premières années du 20ème siècle, des tombes néolithiques ont été découvertes près de l’ancien four à chaux. Le fermier de Champignolles, M. Foubert, contribua aux découvertes, qui attirèrent l'attention des paléontologues et préhistoriens sur le site.

notre plus ancienne tombe ?

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